jeudi 17 juillet 2008

Montagnes de ciment où battent les coeurs des humbles animaux qu'on oublie






"Soyons subversifs.
Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes.Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir."


Marguerite Yourcenar
Qui sait si l’âme des bêtes va en bas?
« Le Temps, ce grand sculpteur » Paris, Gallimard, 1983.

"Enfumez-les comme des renards". Ordre de Bugeaud, Maréchal de France, alors gouverneur en Algérie française (1842), en lançant des représailles contre les populations de la région du Chélif.

"Tuer des êtres humains, c'est bien mieux que de tuer des lapins". Un soldat du régiment Washington lors de la conquête américaine des Philippines (1900).

"Ce ne sont plus des êtres humains. Ce sont des animaux". Joseph Goebbels, pendant la visite du ghetto de Lodz, au début de la guerre.

mercredi 16 juillet 2008

Corrida : l'afeitado au service de la comptabilité de la chair morte







Imagine que, complètement éperdu(e), après avoir pris un phénoménal coup de soleil sur la tronche, après avoir éclusé 3 boutanches de rosé de Provence, tu te trouves coincé(e) à table à côté d'un aficionado très proche de ta famille et que, bordel, tu songes : "j'ai chaud aux étiquettes, faut pas se fâcher, fais un effort, assure un peu, ya du monde et si je plombe l'ambiance...C'est mort pour l'après-midi et les siècles des siècles".


Et là, tu lui lances : " Dis-moi, mon con joli, l'afeitado, t'en penses quoi ?" " Le combat équitable entre l'animal et le torero, il est gravement vérolé au profit du sadique costumé, non ?"

Ne te fatigues pas pour lui rabâcher ta leçon sur l'afeitado, cet épointage des cornes, cette pratique qui consiste à scier à vif quelques centimètres des cornes pour affaiblir et rendre dingue de douleur le toro avant qu'il entre dans l'arène.

Ton interlocuteur te répondra, énervé, limite agressif : "l'afeitado ça n'existe plus. Manip' d'un autre âge. Basta. C'est désormais illégal. En vérité je te le dis, c'est la plaie de la corrida, beurck et beurck, il s'agit même d'une véritable perversion de l'art taurin puisqu'il en dénature complètement le sens. Dès lors que le toro est privé d'une partie de ses défenses naturelles, la corrida n'est plus qu'une parodie d'elle-même. Il lui manque ce qui en fait la substance: l'affrontement avec la mort."

Bon, il a picolé plus que toi et tu hésites donc à dégueuler sur la nappe. En plus, il n'est pas fini. Tu sais qu'il a loupé le programme essorage.
Poli(e) et indulgent(e), tu rétorques : "ouais, t'as raison, c'est comme le dopage dans le cyclisme et notamment dans le Tour de France ! C'est terminé tout ça, hé hé hé."
Erreur ! Il ne faut jamais contrarier un aficionado avec ce sujet de l'afeitado sinon il pète un câble.
Surtout si tu lui racontes ça.

Ce mardi 15 juillet 2008, le tribunal adminisratif d'appel de Huesca (Aragón, Espagne) a confirmé la décision, en première instance, de condamner l'élevage González Sánchez-Dalp pour manipulation frauduleuse des cornes d'un toro exécuté dans l'arène de cette même ville le 11 août 2006.
Le montantde l'amende (8000 euros), on s'en cogne.

Demeure le fait que tu sais pourquoi, à ta grande stupéfaction, le combat entre un artiste de la mort, aidé par son équipe de banderilleros et un pauvre toro mutilé tourne toujours à l'avantage de ce charlatan du vice après que la bestiole ait connu un calvaire innommable sur le sable ocre d'une arène.

PS : l'élevage María José Barral a également été sanctionné pour les mêmes raisons. Le tueur El Juli, le 10 août 2006, s'était facilement débarrassé de son toro. On sait pourquoi. Les professionnels du martyre ont des cadences à respecter. La jouissance des primitifs a ses raisons...

mardi 15 juillet 2008

Dax, belle comme du sang caillé...






Lundi 14 juillet à 20h55 sur France3 : jeux, glissades, chutes, grosse rigolade, ce n'est pas original, depuis le temps que ça dure, c'est Intervilles, émission présentée par J.Lepers et N.Simon.

Dax contre Anglet.

Et là, ça devient nettement moins rigolo. Les embarras qui peuvent être amusants de ces anonymes en piste pour la victoire de leur commune sont encadrés par des commentaires à la gloire de la tauromachie et de Dax, ville de traditions gerbantes.

Ou plutôt.

Dax, accueillante comme la mort. Dax en été, douce comme une banderille. Dax, en juillet et en août, haut-lieu d'avanies et d'agonies. Pour un tourisme désespérant, visitez Dax. Découverte de méfaits. Arènes brûlantes et chambres froides.


"La cruauté envers les bêtes est la violation d'un devoir de l'homme envers lui-même".
Emmanuel Kant. 1724-1804

lundi 14 juillet 2008

Corrida : El Fundi gagne une tringle à rideaux et Alejandro Amaya passe à la radio...







Des aficionados égarés sur ce blog m'ont maintes fois demandé ce qui motivait mon obstination à relever si gaillardement, parfois avec griserie, les coups de cornes délivrés par de pauvres toros à ces sordides charognes que sont les matadors.

C'est parce que dans ma vie, j'ai trop senti, trop écouté, trop admis et pas assez haï .

Mais enfin, ce sont des hommes, des êtres humains, comme toi et moi, répondent-ils !

Non...Ce sont des petites frappes qui sirotent le sang de bestioles amoindries, des canailles psychopathes, des zéros sociaux adorateurs de viscères, des larbins du mal indifférents à toute pitié.

Et ceux qui les admirent font partie de ce troupeau de truands marchant au nom du déclin, de la bassesse morale, jamais assez gavés de sang et d'agonies.

Je ne suis pas de cette humanité là, de celle qui recherche l'euphorie dans l'intolérable et la douleur.
Que ces tueurs déshérités intellectuellement et affectivement finissent poinçonnés, découpés, taillés, ce n'est que faible justice par rapport aux supplices qu'ils infligent.
Cette lie arrogante, qui sautille devant un animal esquinté, qui profite d'une misérable supériorité, qui se dandine devant sa victime sécrétant tant de souffrance, qu'elle crève la gueule ouverte.

Fêtes de San Fermín. Pamplona. Un interminable calvaire. Une semaine sculptée dans de la chair sanguinolente.Entre encierros (lâchers de toros dans les rues) et corridas, c'est la cadence infernale pour les cons alcoolisés.
Dimanche 13 juillet, José Pedro Prados 'El Fundi' se préparait à tuer son 4ème toro de l'après-midi.
L'animal lui a décoché un sérieux coup de boule dans le fondement. Dans le derche, si tu préfères. Ou dans le prosibus.
Une douzaine de centimètres dans le cul de cette gale atrophiée du bulbe.

Ce même jour dans l'arène de Las Navas del Marqués (Ávila), c'est le tueur méxicain Alejandro Amaya qui a dérouillé un magnifique coup de corne dans le haut de la cuisse droite avec un sympathique traumatisme thoracique (compte-tenu du vol plané qu'il a effectué, fallait bien ça!).

dimanche 13 juillet 2008

Benavente serait-elle la commune la plus rétrograde, la plus vile de l'Espagne ?











Nous avons en Espagne des voisins monstrueux, qui en sont restés au 15ème siècle, abrutis épais baignant dans le catholicisme le plus rétrograde.
Cette espagne 'noire', qui suit à la lettre l'invitation du Dieu tout puissant : " Soyez la terreur des êtres vivants -Genèse IX 2" reste accrochée à des traditions barbares parfaitement légitimées par la religion catholique, traditions qui sont une honte dans l'Europe qui se construit.

La communauté européenne aura du mal à éradiquer ces manifestations sanguinaires, ces fêtes répugnantes, ces délires festifs atrocement cons.

Regarde la ville de Benavente, dans la province de Zamora, qui demande que sa fête pluri-séculaire du toro encordé soit désormais reconnue comme une fête d'intérêt touristique national et non plus local.

Cette tradition associée à la Fête-Dieu consiste à attacher un toro avec une corde et à le traîner toute la journée dans les rues de la commune.
Entouré d'une meute saoule et hurlante, l'animal est moqué, maltraité, serré pendant des heures et des heures jusqu'à sa mise à mort.

Cette année, au tout début des réjouissances, la corde a cédé et Manzanero, le pauvre toro, s'est trouvé libre de foncer dans le tas de ces fumiers. Il en a chopé pas mal, une bonne trentaine (il y a des vidéos qui circulent un peu partout sur l'incident, notamment ici http://www.truveo.com/Toro-Enmaromado-2008-Salida-a-pie-de-calle/id/1314051664).
Il n'a pas réussi à en crever un mais il a fait son boulot quand même. Epuisé, il a été repris, attaché à nouveau et remis dans son enclos.

Mais plus question de repartir pour un tour. Manzanero ne voulait plus prêter son concours à cette persécution ludique.
Le comité des fêtes était bien emmerdé. Les blessés avaient été évacués, la foule attendait impatiemment la suite.
Ces cinglés ont décidé de le traîner de force. Vers 21 heures, voyant qu'il ne tenait plus debout, ils l'ont achevé d'un coup de poignard dans la nuque (le puntillo, qui sert bien sûr à tuer le toro dans l'arène).

Les élus de Benavente sont très fiers de leur saloperie de fête et c'est pour ça qu'ils souhaitent en faire un évènement touristique d'intérêt national.
Toutefois, leur connerie étant quelque peu connectée aux impératifs de notre siècle, ils se sont dit qu'ils pouvaient gratter au passage des subventions grassouillettes.


samedi 12 juillet 2008

Chats et chiens abandonnés : le fléau de l’été







Le réconfort de l'été, des vacances, ce n'est pas pour tout le monde. Demande à un bénévole de refuge, il t'en parlera bien mieux que moi.En attendant, je te donne à lire ce texte admirable de Cavanna, que tu connais peut-être déjà (je parle du texte bien sûr).


«Ecoutez. Le tuer, j'ai pas le courage. Alors, je vous l'amène. Vous, vous les tuez pas. Vous les sauvez. Un refuge, c'est fait pour ça, pour les sauver. Alors bon, le voilà ! C'est à prendre ou à laisser. Si vous n'en voulez pas, j'irais le perdre dans les bois. Je l'attacherais à un arbre, pour ne pas qu'il me coure derrière, vous savez comment ils sont, paraît qu'il y en a qui ont retrouvé leur maison après des centaines de kilomètres, alors vaut mieux l'attacher et puis se sauver, pas l'entendre crier, c'est trop triste, on n'est pas des bêtes !

Bon, vous le prenez, ou vous le prenez pas ? Faut vous décider, j'ai pas que ça à faire, on n'a pas encore fini les bagages.»


Évidemment, il ou elle le prend.
Quoi faire d'autre ?

Le bon salaud le sait bien. Quand on gère un refuge pour animaux, c'est qu'on a le coeur tendre, qu'on ne peut absolument pas supporter l'idée qu'une bête souffre, soit abandonnée, perdue, vouée à la piqûre, fatale, ou pis, aux pourvoyeurs des laboratoires.


Les pseudos-amis des bêtes qui, lorsque le chien ne veut plus chasser, ou bien est devenu trop vieux, ou bien a osé donner un coup de dent au sale môme qui le harcèle, ou lorsque le mignon chaton offert pour Noël est devenu au 14 juillet, un gros matou qui a son caractère et ne veut plus jouer les nounours en peluche, ou encore lorsque "ces gentils compagnons" se mettent à être malades et coûtent "les yeux de la tête" en visites au véto, ces salopards délicats qui décident de les supprimer mais n'ont pas le courage de faire le vilain geste qui tue vont les déposer à la porte du refuge (variantes : ils les jettent par-dessus le grillage, ils enferment dans une boite en carton la chatte miaulant et ses petits...) comme on déposait jadis les nouveaux nés non désirés à la porte des couvents.


Fonder un refuge pour animaux est la pire façon de s'empoisonner la vie. Non seulement cela ne peut pas rapporter d'argent (les abandonneurs ne laissent jamais de quoi acheter un peu de bouffe, cela ne leur vient même pas à l'idée), mais c'est un gouffre financier.


Fonder un refuge ne peut être qu'une action bénévole et précaire, un élan de révolte contre l'indifférence générale devant l'omniprésence de la misère animale.C'est le fait d'âmes sensibles qui mettent sur le même plan toute souffrance, toute angoisse, humaine ou non humaine.


La plupart du temps, dans le cas des petits refuges, il s'agit de gens à faibles ressources qui s'épuisent à mener un combat sans fin comme sans espoir, mais qui ne pourraient pas ne pas le mener. Ils sont parfois aidés par de maigres subventions (dans le meilleur des cas), par la générosité de quelques adhérents, mais en général abandonnés à leurs seules ressources personnelles.Un refuge est vite submergé.


Là comme ailleurs, la mode imposée par les éleveurs et la publicité des fabricants d'aliments ont stimulé une frénésie d'achat dont les conséquences sont la versatilité du public et la cupidité des éleveurs et des marchands. La "rentabilité" exige qu'une femelle d'une race "vendeuse" ponde et ponde jusqu'à en crever.

On achète par caprice, le caprice passé on est bien emmerdé, et comme on n'est pas des tueurs on se débarrasse, au plus proche refuge.Et là, c'est le chantage cynique de tout à l'heure : "Vous le prenez ou je vais le perdre".
C'est exactement le coup de l'otage à qui le malfrat a mis le couteau sur la carotide : "Vous me la donnez la caisse ou je l'égorge."On ne sait pas assez, même chez ceux qui considèrent l'animal comme un être vivant et souffrant à part entière (je n'aime pas dire "amis des bêtes"), quelle terrible et décourageante corvée est la gestion d'un refuge quand on dispose de peu de moyens.

Pour un animal placé à grand-peine, il en arrive dix, vingt, cent ! Cela vous dévore la vie, vous écrase sous une conviction d'inéluctable impuissance. Beaucoup de petits refuges de province luttent envers et contre tous, ignorés, méprisés, abandonnés à leurs seules ressources, et, cela va de soi, en butte aux sarcasmes des imbéciles et aux froncements de sourcils des vertueux qui jugent bien futile de s'occuper d'animaux alors qu'il y a tant de détresses humaines...


Et quand l'apôtre qui a englouti sa vie dans un refuge meurt ou devient impotent, que deviennent les bêtes ?Pardi, l'euthanasie en masse par les services de l'hygiène publique, pas fâchés d'être débarrassés. Savez-vous que, si vous possédez plus de 9 chiens, vous devenez de ce seul fait "refuge" et devez déclarer la chose à votre mairie et à la D.S.V. (Direction des Services Vétérinaires) ?


A partir de là, vous serez soumis aux inspections d'usage concernant les règles d'hygiène, de sécurité, etc.En somme le bénévolat est pénalisé. Tout se passe comme si la seule voie "normale" était l'euthanasie systématique, le sauvetage étant considéré comme anormal, suspect et fortement découragé.


Il faut que l'animal cesse d'être considéré comme un objet, un bien "meuble" qu'on achète, qu'on vend, qu'on cède, avec à peine quelques restrictions concernant les "mauvais traitements", d'ailleurs bien légèrement punis.Il faut que la survenue d'un animal dans un foyer soit aussi grave, aussi importante, aussi contraignante que la naissance d'un enfant.C'est le formidable et trop prévu nombre d'abandons liés aux départs en vacances qui m'a mordu au cul.

Savez-vous qu'ils font la queue aux portes des refuges, les enfoirés, avant d'aller faire bronzer leurs gueules de sales cons ? "Avec la planche à voile sur le toit de la voiture" m'a-t-on confié.Que leurs têtes, à ces sous-merdes, volent haut dans l'air, propulsées par les pales tranchantes des hélices du hors-bord, pêle-mêle avec celles des toréadors et des aficionados !

PS : Vous qui les aimez, faites les STÉRILISER ! Les laisser proliférer est criminel : ce sont ces portées innombrables qui fournissent la matière première des vivisecteurs et condamnent les refuges au naufrage.

François Cavanna


Ce texte a été publié sur la liste fr.groups.yahoo.com/group/vegetarien_fr

vendredi 11 juillet 2008

Ce qu'il y a de bien dans ce parc animalier, ce sont les bateaux tamponneurs et le mini golf






Quand tu visites le parc d'attraction animalier Cigoland à Kintzheim (centre Alsace), tu es frappé par l'amour que les proprios doivent porter aux animaux : bateaux tamponneurs, mini golf, toboggans, circuit de voitures électriques, monorail, petit train de visite etc.

Ah oui...Il y a aussi des animaux, comme des chimpanzés, des chats, des chiens et des reptiles. Mais ils sont utilisés par le cirque des Joubinos, troupe intégrée au parc.

De façon tout à fait annexe, il y a des cigognes (d'où l'intitulé du parc), des émeus, des poneys, des lamas...
Quand je dis que ces animaux sont accessoires, qu'ils n'ont, intrinséquement aucune valeur, cela ne veut pas dire que leur présence est accessoire. Bien au contraire.
C'est même le coeur du concept. La présence de bestioles toutes mignonnes et notamment de la cigogne est obligatoire pour faire venir pleins de familles, pleins de gosses et pleins de bons gros sous.

Crois-tu que les visiteurs auraient ce regard patient, intéressé, vers ces animaux, regard qui leur ferait comprendre très vite, d'ailleurs, qu'il n'y a que désarroi, misère, ennui et absence d'insousciance sauvage ?

Non. Passée la curiosité factice, il ne restera que l'indifférence au sort de ces animaux, considérés comme des sujets d'amusement, de distraction, collection montée à la va-vite par un particulier en 1974 pour se faire de la tune sans trop de contraintes.

Cigoland est un complexe de loisirs, avec hôtel et restaurant. L'animal sert de prétexte pour attirer les groupes scolaires, les familles, le client.

Cigoland fait l'objet d'une plainte déposée par la Société de protection des animaux (SPA) de Lièpvre et l'association Arche de Noé d'Ernolsheim-sur-Bruche pour 'cruauté envers les animaux' et 'non respect des règles de transport'.

Le 26 juin lors d'un contrôle routier à quelques centaines de mètres du parc Cigoland, les gendarmes ont découvert dans une camionnette conduite par deux employés du parc plus de 40 000 poussins entassés dans 75 sacs poubelles.
Ces poussins étaient destinés à servir de nourriture aux cigognes. Les oisillons étaient tous morts asphyxiés.Dans des cartons se trouvaient une centaine de poussins vivants qui étaient affectés eux à l'alimentation des reptiles du cirque en résidence à Cigoland.

D'après les infos, pour nourrir ses cigognes, le parc a besoin d’un approvisionnement d’une tonne de poussins par mois.
La gendarmerie de Sélestat mène actuellement une enquête préliminaire pour transport et abattage d’animaux non conformes au règlement sanitaire.

jeudi 10 juillet 2008

Sébastien Castella s'est fait épiler le maillot intégralement à Pamplona




Pamplona . Pampelune ? Comment écrire le nom de cette ville à la con qui rassemble, début juillet, des milliers de tarés alcoolisés munis d'un neurone très dégradé ?

Laisse pisser le mérinos...Plutôt que de s'occuper de cette localité située en royaume de Navarre et gna gna gna, célèbre (pas le royaume, la localité) pour sa fête de San Fermín (sadisme festif, mouvements de foule grotesques, hystérie perverse mais bien arrosée car collective), portons attention à Sébastien Castella, tueur français qui s'était fait découper à la corne il y a à peine une petite quinzaine de jours à Algeciras.

Encore dans le pâté, Sébastien le vicieux a tenu néanmoins à honorer l'arène de Pamplona (ou Pampelune) de sa présence.

Son 5ème toro, mercredi 09 juillet 2008 dans l'après-midi, lui a enlevé ce qui restait de ses couilles.

Oui Madame, oui Monsieur... Sébastien Castella est désormais aussi bien pourvu en testicules qu'une mouche.
Le coup de corne a touché ce que, pudiquement, la presse taurine spécialisée appelle scrotum.

Examine la photo avec soin si tu as un doute.

mercredi 9 juillet 2008

La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime






John Maxwell Coetzee, né au Cap (Afrique du Sud) en 1940 a reçu le Booker Prize (l'un des plus importants prix remis aujourd'hui) en 1983 et en 1999, le Fémina étranger en 1985, le Jerusalem Prize en 1987, le Commonwealth Literary Award en 2000 et le prix Nobel de littérature en 2003.

'The lives of animals' est paru en 1999.

L'industrialisation de l'abattage des animaux de rente est au centre de ce récit. C'est à dire que la façon dont on traite ces animaux, créatures vivantes, sensibles, dans les industries de l'élevage, de la transformation puis du massacre à grande échelle conduit à faire des parallèles effroyables avec la Shoah, c'est à dire l'utilisation 'efficace' et 'rentable' des corps après brutalisation terrible et meurtres de masse.

Voici ce que J-M Coetzee dit :
"Permettez-moi de le dire ouvertement : nous sommes entourés par une entreprise de dégradation, de cruauté et de meurtre qui surpasse tout ce que dont le troisième Reich fut capable, dans la mesure où notre entreprise est sans fin, qu'elle s'autogénère, qu'elle fait venir sans cesse des lapins, des volailles, du bétail au monde dans le seul but de les tuer".

Ce livre n'a pas été traduit en français. Pas encore.

Combien de temps faudra-t-il pour prendre conscience que le massacre industrialisé des animaux et celui des personnes, amérindiens, arméniens, juifs, tutsis, hier, sont entremêlés ?

Je sais, ce n'est pas très joyeux, tout ça; mais j'ai relu aujourd'hui une nouvelle d'Isaac Bashevis Singer (1904-1991), écrivain juif (yiddish plus exactement), prix Nobel de littérature lui aussi en 1978 et où on peut lire ceci :
"
[...] Pour ces créatures (les animaux), tous les humains sont des Nazis".In his thoughts, Herman spoke a eulogy for the mouse who had shared a portion of her life with him and who,
because of him, had left this earth. "What do they know--all these scholars, all these philosophers, all
the leaders of the world--about such as you? They have convinced themselves that man, the worst transgressor of all the species, is the crown of creation.All other creatures were created merely to provide him with food, pelts, to be tormented, exterminated.In relation to them, all people are Nazis; for the animals it is an eternal Treblinka.

Isaac Bashevis Singer, "The Letter Writer"

mardi 8 juillet 2008

L'europe ne sera plus complice du carnage insoutenable qui se déroule en deçà des falaises du Labrador





Ce fut très long et ardu mais on y est presque.C'est Brigitte qui doit être contente...30 ans d'indignation, de colère...

Le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas, a annoncé en fin de semaine dernière qu'il proposera bientôt à la Commission européenne d'adopter une résolution demandant aux Etats-membres de l’UE d’interdire l’importation des produits issus de la chasse aux phoques (peaux, graisses etc).
La France, qui préside l'UE, a précisé qu'elle apportera son soutien à ce règlement.

L'été dernier, peut-être t'en souviens-tu, une très large majorité de députés européens avait voté une déclaration écrite invitant l'institution à agir dans ce sens.
Le gouvernement canadien a tout fait pour éviter cette issue. Il ne restera, pour lui, s'il veut rester crédible, qu'à mettre en pratique les mesures de rétorsion commerciales qu'il avait envisagé en représailles.

Comment vais-je faire pour me passer des 30 kg de sirop d'érable que je consomme annuellement ?

lundi 7 juillet 2008

Corrida : Juan de Pura a bobo à son bidon



Ah! C'est rudement beau ! Ah ! Comme c'est finement joué ! La tête-de-noeud costumée en a pris plein la boyasse.
Sa soirée dans l'arène de Las Ventas à Madrid (oui, il y a aussi des corridas à ces heures crépusculaires) a été pour le moins tonique et animée.

Une soirée dont il se rappelera longtemps, avec cette atmopshère si capiteuse, ces odeurs de sang, de merde, ces exclamations de trouille, ces plaintes, ces râles de douleur.

Lui, c'est Juan Jorge Viejo 'Juan de Pura'. Il est banderillero dans l'équipe du tueur Salvador Barberán.
Hier dimanche 06 juillet, il a goûté 30 cm de corne dans le bas-ventre. C'est la longueur d'un beau concombre.

C'est d'abord rentré par le haut de la cuisse droite puis, au fond du couloir à gauche, ça a sectionné le muscle recto-urétral et c'est monté à l'étage en bousillant le péritoine (poil au chanoine).

La corne hardie a eu l'extrême obligeance de s'arrêter au seuil de la cavité abdominale.
Ce triste sire a donc visité la nuit les locaux de la clinique de la Fraternité, tuméfié des entrailles.

dimanche 6 juillet 2008

Qu'il y a-t-il de plus con qu'un chasseur ? Deux chasseurs !






Tu veux que je t'en raconte une bien bonne ?

C'est l'histoire de la reconduction d'une collaboration entre le Crédit Agricole (et ses Caisses régionales) et la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) visant à restaurer la biodiversité (jachères fleuries, maintien de zones humides, réimplantations de haies etc) dans le cadre des pratiques agricoles conventionnelles.

C'est un partenariat qui tombe sous le sens; pas révolutionnaire mais pragmatique, qui doit permettre, au travers notamment du soin nouveau apporté à certains espaces cultivés, un rééquilibrage de la biodiversité.
Mais voilà...Les gros cons de viandards sont fous de rage.

Charles-Henri de Ponchalon, président de la Fédération nationale des chasseurs a demandé à sa secrétaire de taper une bafouille (datée du 12 juin) et de l'adresser aux 60 fédérations départementales.
Charlot, c'est le taulier et quand le taulier s'énerve, ça part dans tous les sens.
Il demande ni plus ni moins à ses subalternes locaux de boycotter les Caisses régionales et de fermer, en l'occurence, tous les comptes que les fédés de chasse détiennent dans les agences du C.A.

Au motif que, je cite : "La banque des ruraux pactise avec l'un de nos farouches opposants".
Charlot, il avait dû faire un bon déjeuner bien arrosé au picrate au préalable car il a lâché la vanne qui tue :" Décidément le bon sens n'est plus près de chez soi".
A partir de là, c'est parti en vrille. Certaines fédérations de tueurs de l'aube, notamment celle de Lozère (le président s'appelle Serge Suau) étaient quasiment disposées à monter sur la capitale pour faire cesser cette horreur et pendre si possible quelques 'bobos parisiens' si l'occasion se présentait.

Inutile de te dire que le patron du Crédit Agricole rame comme un fou pour récupérer le truc et éviter que les massacreurs du dimanche ne retirent leur monnaie de la banque.
La LPO, par la voix d'Allain Bougrain-Dubourg, a suspendu de facto sa participation à la table ronde sur la chasse présidée par le député J.Bignon.

De toute façon, cette table ronde c'est de la bouse. Rien à y gagner, tout à perdre.
La réaction des chasseurs est certes une réaction d'assiégés mais aussi et surtout, c'est le fait de mecs cons comme des balais, crétins comme pas deux et incapables de sentir les évolutions du moment.

Moi je dis : qu'ils crèvent !

vendredi 4 juillet 2008

Danse avec les poules ! Ou la vie singulière d' Emma McKay






A Norwich (Norfolk, Angleterre), pour des centaines de poules pondeuses, il y a un avant et un après dans leur vie.

Avant, c'est la détention en batterie, dans des conditions effroyables, pattes sur un support grillagé, pour pondre et pondre et pondre en attendant la 'réforme', triste euphémisme qui signifie le transport vers l'abattoir.
Cette issue fatale intervient après une année de production intensive.

Après, c'est de pouvoir voir, pour la première fois depuis leur naissance, le soleil, c'est d'avoir la possibilité d'agiter les ailes, c'est le plaisir de se percher et de gratter un sol bien feme.En définitive, d'avoir une vie normale de poule.

Les poules qui ont la chance de connaître cet après, elles la doivent à Emma McKay, femme de 37 ans, 3 enfants, un mari, Julian.

Depuis 3 ans, environ une fois par mois, Emma est prévenue par le propriétaire d'un élevage industriel de la région, colossale unité de machines à pondre (40000 volatiles), d'un envoi immiment de poules 'réformées' vers l'abattoir.
Elle part aussitôt avec quelques proches à bord de son véhicule utilitaire pour en ramener le plus possible et, à l'aide d'une centrale de coordination, les dirige vers des familles d'accueil purement volontaires.

Ce samedi là, Emma en a sauvé plusieurs centaines ! Dans son jardin, en permanence, 300 poules attendent d'être adoptées.
Ce samedi là, la queue des personnes qui se sont proposées pour repartir avec une ou plusieurs poules réchappées de l'enfer s'étale du pas de la porte de la maison d'Emma McKay jusque dans la rue.
L'émotion est palpable, l'agitation augmente au fur et à mesure que les têtes aperçoivent, derrière le muret du jardin, les bestioles s'ébrouant, un peu hagardes et assurément dans un sale état.

L'attente est telle que les gens ont largement le temps de chercher un petit nom pour la future adoptée.
Emma en est malade, à chaque fois, de ne pas pouvoir sauver toutes les poules qui sont destinées à l'abattoir. Son travail a un côté 'Liste de Schindler', dit-elle mais elle se force à ne penser qu'aux animaux 'élus'.

Emma n'en veut pas au propriétaire de cet élevage concentrationnaire. Il fait partie d'un système dont la clé de voute est le consommateur lambda, celui qui consomme et mange des gâteaux, des crêpes, des brioches, des pâtes, de la mayonnaise, tous ces produits fabriqués avec des oeufs de poules élevées en batterie.
Emma sauve des poules mais tout le monde, à son niveau, même modeste, peut en faire autant en veillant à acheter des produits élaborés avec des oeufs de poules élevées en libre parcours ou selon des normes biologiques.

Ce qui est curieux, c'est que les volailles secourues et rendues à une existence digne et entourée de bienveillance, voire d'affection, se remettent vite de leurs épreuves et redeviennent les poules pondeuses généreuses en oeufs qu'elles étaient alors.

J'allais oublier... Emma, en dehors de cet investissement, travaille. Elle a un métier. Elle est infirmière en milieu hospitalier.
Tu imagines les bonnes journées que ça lui fait ?
Au titre de cette activité bénévole, Emma est donc coordinatrice régionale d'une fondation créée il y a 5 ans par Jane Howorth qui, appuyée par un réseau de correspondants, se consacre au secours, au placement des poules pondeuses et bien sûr à la sensibilisation au problème de l'élevage en batterie.

Cette association s'appelle la Battery Hen Welfare Trust.
A l'heure où j'écris ces lignes, ce sont 88755 poules qui ont été déposées chez des particuliers charmants.
Oui, tu as bien lu ! 88755 bestioles plus ou moins déplumées, plus ou moins abîmées, qui ont été sauvées de l'abattoir.

Le site :
www.bhwt.org.uk

Tu y trouveras des photos délicieuses, des possibilités de soutien, des infos et une inscription à la newsletter.

mercredi 2 juillet 2008

Alors, Manuel González "Montoyita", tu arrêtes la corrida ? Non, ça me ferait mal au ventre !





Je suis sincèrement navré mais je vais devoir filtrer l'accès à ce billet.
Car c'est réservé aux coeurs bien accrochés. Je te prie de me croire, ce n'est pas de la petite bière, ce qui va suivre.

Le toro a fait un carton. Y'en a partout sur les murs.

Par conséquent, à moins que tu ne sois chirurgien ou gastro-entérologue, tu es obligé de répondre à la question suivante :
- J'accepte, en connaissant les risques inhérents à ce type de lecture, de poursuivre plus avant car ce blog, foutredieu, c'est trop de la balle, je le kiffe à donf, trous de nez face aux vents dominants : OUI NON

Si tu as répondu non, bonsoir Clara, passe un bon été et à la revoyure.
Si tu as eu de l'audace, en voiture Simone...

Manuel González "Montoyita" est un apprenti matador qui pensait se la couler douce, dimanche 29 juin, dans l'arène de México.
Son 6ème toro a eu l'idée de lui pourrir l'après-midi dans les grandes largeurs.

Un coup de boule phénoménal qui l'a gaulé à l'aine. La corne est entré comme dans de la margarine selon une trajectoire ascendante.

Au début, c'est la cavité abdominale qui a apprécié, sur 20 cm. Tissus, chairs et muscles, tout a été emporté.
Ensuite, c'est le péritoine qui a appelé au secours. Puis le gros intestin. Enfin, le rein droit. La plaie s'est arrêtée au niveau de l'estomac.
Oui, ce ne sont pas 20, pas 25, pas 30 mais 40 cm de bidoche concassée qui ont cédé devant la corne.
Quasiment un demi-mètre !
C'est pas fini ! Le coup de tête de l'animal a créé une deuxième plaie de 30 cm de longueur, touchant l'extrémité inférieure du ...foie.


Il paraît que le corps médical de l'hosto est tracassé.

mardi 1 juillet 2008

Car cette boucherie est de celles dont on ne peut supporter la vue









PIN-PON...PIN-PON

Mais tu n'as honte de rien, Emilio ! Quelle tenue, en ce si beau jour ! Quelle façon déplorable de se comporter, quel manque de savoir-vivre...

Emilio de Justo, c'était un tueur novice. Il devait passer par une sorte de communion solennelle pour bénéficier du statut de matador. Et ça se passe obligatoirement à Madrid. Si un novillero fait sa 1ère communion sanglante dans un autre bled, il doit impérativement la confirmer dans l'arène de Las Ventas. C'est comme ça et à la limite, on s'en tape.

Cet après-midi du dimanche 29 juin, sa cérémonie à la noix a tourné en eau de boudin. Le toro a gâché la fête.
Un bon coup de corne des familles dans la patte droite a corrigé le sinistre pantin.
Un tout petit livre (58 pages, 9,50 €) très estimable écrit par un bonhomme remarquable.
Ernest Coeurderoy (1825-1862) fut un militant révolutionnaire (et un écrivain) précurseur de l'anarchisme. Proscrit, pourchassé, condamné par contumace, exilé, il a donc vécu pas mal d'années à l'étranger et notamment en Espagne.
Et dans ce pays, il a pu constater, avec effarement, quelle était la distraction préférée d'une majorité d'espagnols.

Il en a sorti un livre, d'une grande beauté littéraire.
Ernest Coeurderoy oeuvrait, de façon radicale mais à sa manière, pour l'émancipation morale et matérielle de l'humanité. Il l'a payé très cher.

Son interpellation sur ce divertissement lâche et sanguinaire n'en est que plus poignante.

"On ne peut bien observer le génie d’un peuple que dans les grandes manifestations de sa vie publique. En France, il faut voir une révolution ; en Suisse, une fête civique ; en Angleterre, une course au clocher ; en Italie, les musées et les théâtres remplis de foule ; en Espagne, la corrida de toros."